D’une nuit d’hébétude se réveillent les gens
Des pilules absorbées qui sont d’autant plus lourdes
Qu’aux langages des urnes personne rien ne comprend.

Même le plus clairvoyant n’en croit point ses esgourdes
Et face à l’écran plat de se frotter les yeux
Au faciès adipeux trahissant cette bourde

Il n’y a pas à redire, il fait peur ce gros vieux
Comme son goître fielleux sous l'orange auréole
Gros dindon conquérant  d’une poignée de gueux

Distillant ses pensées bien pires qu’une vérole
Haranguant les jocrisses , déchirant ses poumons
De joie d’avoir trumpé une nation devenue folle

Prenez garde toutefois, s’il pousse sur le bouton
Au cas où l’idée lui traverse le trou de balle
D’admirer de sa tour le beau gros champignon.

Et ses ouailles transies, en ce jour si fatal
D’une trouble doxa revenue d’un passé
Ou prospéraient vautours, corbeaux et vieux chacals.

Ces temps de peste brune qu’on croyait oubliés
Exhumés du cristal des nuits noires de haine
Reviennent marteler leur sombre mélopée

Ce sublime goujat et ses calembredaines
Qui n’ira nulle part et parvenu de rien
Se pavane fièrement avec sa grosse bedaine

Posant sa grosse patte sur la chute de reins
De sa chèvre et si tendre comme insigne trophée
Qu’on dévoile en public pour se rendre plus saint

L’accessoire féminin, potiche décérébrée,
Anonne quelques mots d’incertaine platitude
Incarnant par avance le retour au foyer

Qu’importe que l’on soit porc dans toutes ses attitudes
Pourvu que l’on exhibe une famille proprette
A la foule en délire en manque cruel d’études


Transportée d’illusions charriées par les paillettes
Ebaubie d’incertaines promesses impossibles
Que l’histoire chassera d’une céleste balayette

Passe un noir quidam aux haillons indicibles
Laveur de godasses de son misérable état
Offrant ses services aux passants accessibles.

Holà, washing tongs,  leur demande l’histrion?
Que nenni, mon bon sire, nous sommes un peu plus bas
Au milieu de nulle part, au sommet du fin fiond

Que l’on rejoint en travers saint tous ses états
Où se torturent des rus dans des lits de misère
Pissous maigrelets perdus en entrelacs


C’est là que jadis rutilaient des rivières
Lavant du crétinisme, en joyeux tourbillons
Emportant des monceaux de putrides chimères

Le débit s’est tari et de vieux alluvions
D’âcre bile ulcéreuse ont pu se déposer
L’onde pure s’est chargée d’infâmes pollutions

Des scories d’arguties se sont agglutinées
Offrant passage à gué aux étroites chicanes
Les gosiers asséchés ont cessé de chanter

Les champs de liberté, dont les fières fleurs se fanent
Où l’hère un peu sensé peu à peu se résigne
D’écouter bruire les âmes et laisser braire les ânes.

Où s’estompent les héros en désespoir insigne
En douce déréliction qui les rend transparents
S’entrainant à gésir l’ultime chant du cygne

Jadis ils étaient tous si fiers et si ardents
Buvant de tout leur saoul à la source de vie
Jouisseurs invétérés, du levant au couchant.

Aujourd’hui les caboches, méconnaissables fuient
Harassées d’un soleil, posé en chape de plomb
Et l’astre meurtrier, coule plus qu’il ne scintille

Desséchant les esprits de ses cruels rayons
Agressant gentiment les épidermes froids
Comme myriades de dards d’enflammés tétons

Les silhouettes se trainent, écrasées sous le poids
Rasant les murs de pierres, recherchant la quiétude
De l’ombre ainsi tendue qui les protègera

Les grillons se sont tus, abattus d’hébétude
Leur mélopée allègre qui à la joie exhorte
N’adoucit plus blessures, d’une atmosphère rude

L’occasion est trop belle pour les rats et cloportes
De brandir haut et fort leur nature maligne
Achevant l’agonie d’une nation déjà morte

C’est à croire désormais que la seule consigne
Est de boire à la lie, déboire à l’hallali,
Mauvais vin au calice, d’une fielleuse vigne

Qui distille son poison, déverse sa sanie
Crachotant ses mensonges, radotant ses ulcères
Affligeant les badauds de son acrimonie.

Est-il donc dieu possible qu’une langue de vipère
Concentre tant de haine dans ce corps si courtaud
Quelles tristes frustrations animent ce milliardaire ?

Médiocre rabâcheur de raclures de ragots
Postillonne ses aigreurs et bave tous ses glaires
N’impressionnant personne, sauf une myriade de sots

Perdu dans ses humeurs, le sinistre compère
Passant du coq à l’âne, qui sont ses seuls complices,
Hante tous les lieux en hydre ubiquitaire

Déversant ses sornettes de bien pâle jocrisse
Aussi intéressant que des blattes en troupeau
A pensée clairvoyante, jamais son front ne plisse

Ses pensées apprêtées derrière de refaits chicots
Qu’une langue purulente de triste voisinage
Dissémine les stances, de profondeur d’un rot

Je m’interroge en vain, moi qui suis si peu sage,
Comment est-il permis, sous ce ciel qui radote
Qu’un peuple si radieux ait permis ce carnage

Se laissant consterner par un chapelet de crottes
Répandues par un veau au cerveau dérangé
Lamentable furoncle qui n’utilise sa glotte

Que pour des idioties à l’envi proférer
Ressassant ses berlues sorties de la poussière
Dans laquelle sa raison semble bien égarée

N’écoutant que lui-même, le futur grabataire
Croyant que l’avenir au passé se construit
En murs qui  découragent même les plus volontaires

L’aréopage aphone, atterré et contrit
Par l’insidieux malaise du marasme mental
Craint-il de trop se rire d’un dérangé d’esprit ?

Pitié les étouffe-t-ils, tant semble abyssal
La cruelle profondeur, d’un gouffre d’affliction
Au fond duquel on trouve un vide sidéral ?

Ou fouettés par le vent des gesticulations
Que propagent les pattes de l’insecte enragé
Tout comme la détresse du triste hanneton

Brassant bêtement l’air, sur le dos retourné
Passent-ils leur chemin, gardant la tête basse
Du venin dangereux, n’osant trop s’approcher ?

Quand un non-initié, un peu trop près ne passe
C’est alors qu’aboiements se déchainent à foison
Il entend le discours, qu’aux routards il jacasse

Va donc, sale étranger, jappe le triste couillon
Ici n’est point ta place, retourne d’où tu viens,
Respirer mon bon air, mais comment oses tu donc ?


Et d’aucuns voient déjà en ce blafard pantin
Une poupée de chiffon, qui fera des émules
Marine en pamoison, et Fion chef des requins

En cette danse macabre ou le bon sens recule
Causent dans la lucarne analystes et ballots
Grossière supercherie, vaudeville ridicule !

Certes ces bavards en recherche de cerveau
Commentent les sondages n’intéressant personne
Dans leur jeu enfantin qui ne leurre que les veaux

Mais l'extrême-moite veille et attend que l'heure sonne
En l’Autruche sauvée par le vote d’autres chiennes
Bien que les autres chiens la trahirent sans vergogne

Que becquent gypaètes, que glapissent les hyènes
Que les roquets aboient, la caravane passe
Gardons miséricorde pour de tels phénomènes

Il est vrai bonnes gens, le bon Dieu dans sa grâce
Nous rappelle chaque jour en ses plus saints adages
De ne point nous moquer des êtres à la masse

Et de considérer l’innocent du village
Le plus borné qui soit, promis au paradis
Car comme le disent les paroles des sages


Il faut que bienheureux soient les pauvres d’esprit.

Amen.